Emily, Stewart O'Nan

Ce livre est comme une friandise d'autrefois, un bonbon à la violette ou au coquelicot. Bien loin des machins acidulés et piquants d'aujourd'hui.
Il se déguste avec lenteur, un brin de nostalgie. Pas triste, non, assez optimisme plutôt. Emily est une vieille dame de quatre-vingt ans, elle vit dans une petite ville des Etats-Unis, à notre époque. Mais elle pourrait vivre n'importe où, en France ou ailleurs. C'est une vieille dame trés digne, qui a la chance d'être en forme et sans soucis véritables. Ce livre sent bon la cire des meubles, la poudre de riz, et peut-être l'eau de Cologne avec laquelle Emily, attachée à son apparence, se parfume. Elle est veuve, ses enfants sont loin et cette solitude lui pèse, même si elle a avec elle, un vieux chien Rufus. Sa seule amie est Arlène, sa belle soeur, les autres, une à une, elle les voit disparaître et assiste à leur enterrement. Forcément, elle pense à sa propre disparition, a mis en ordre ses papiers, a tout prévu pour que le jour venu, ses enfants ne soient pas embêtés avec les tâches administratives.
Emily aime l'ordre, la propreté, les listes des choses à faire et en barrer les éléments. Elle aime la soupe à la tomate en boîte Campbell's, les petits déjeuner au salon de thé du coin et partager ses états d'âme avec sa femme de ménage, qu'elle traite comme une personne de la famille. Emily est une adorable vieille dame, qui vit dans ses souvenirs, ceux d'une Amérique insouciante, d'un temps où on roulait en Oldsmobile bleu pastel, où on faisait des barbecues en famille, avec les voisins, dans les jardins de maisons toutes neuves, où on travaillait beaucoup pour bien gagner sa vie, comme son mari. Elle s'adapte cependant au changement, les USA ne sont plus aussi glorieux, la crise est là. Elle essaie d'aider ses enfants et petits-enfants, n'aime pas trop sa belle-fille mais ne le montre pas. Envoie à chaque fête des cartes de voeux à chacun de ses petits-enfants et est triste de ne rien recevoir en retour.
Dans ce beau roman, on va partager quelques moments de la vie d'Emily, de Thanksgiving à la fin juillet, enfin le temps pour elle de retrouver tous les siens pour des vacances en famille au bord d'un lac, comme au temps où elle était plus jeune. Le temps est rythmé par les saisons, les évènements familiaux, la vie s'écoule tout doucement et paisiblement, et nous, lecteurs, on suit, on se laisse porter et c'est tellement bon.
Vraiment, voici un trés joli livre, que je vous recommande. Je découvre cet auteur, et je vais m'empresser de chercher ses autres livres.

Malgré son titre, ce roman n'est pas un polar, plutôt un roman noir, trés noir. On le lit d'une traite, la gorge serrée, tant il nous ramène à des faits divers dont on a beaucoup entendu parler. Et aussi, à d'autres cas dont on sait qu'ils existent mais qu'ils sont moins médiatisés, tant qu'il n'y a pas de passage à l'acte, mais jusqu'à quand?
Femmes contre-nature ou contre la nature?
C'est, je crois, le premier roman historico-policier où Voltaire mène l'enquête. Ce livre est une pépite, un pur moment de bonheur. Il arrive à être à la fois instructif sur le XVIII°s, la société et les philosophes, et vraiment très drôle.






























La noyée, de Thérèse Bohman
Ce roman s'ouvre sur un drame, la disparition à 22 ans d'une jeune femme partie en voyage au Groenland. 25 ans aprés, sa jeune soeur, va entreprendre le même voyage pour tenter de comprendre et d'expliquer cette disparition, le corps de sa soeur n'ayant jamais été retrouvé. Je ne connaissais pas cet auteur mais ce livre est un vrai coup de coeur. L'histoire est prenante, on entre dans une famille complètement disloquée par cette disparition, qui conduit la mère au bord de la folie. Dans ce roman, l'auteur nous entraîne dans deux voyages parallèles, on alterne l'un et l'autre au gré des chapitres. D'abord, un voyage dans la douleur extrème d'une mère qui refuse d'admettre la mort de son enfant,passe des jours à l'aéroport persuadée du retour de sa fille ou guettant un hypothétique coup de fil, et le voyage au Groenland de Lisa sur les traces de sa soeur. C'est blanc, c'est froid, c'est pessimiste notamment dans la description du quotidien des habitants, peu à peu repoussés par la fonte de la banquise et du réchauffement du climat. L'écriture est particulière et donne un rythme étonnant à ce roman. C'est un trés bon roman, à découvrir!






Le titre de ce livre est étrange, au regard de ce qu'on peut y lire, puisqu'il s'agit ici, justement, de ne plus envoir envie. Plus envie de se donner à l'autre, plus envie de laisser s'ouvrir son corps et son esprit. Se fermer, pour peut-être mieux s'ouvrir à soi, et surtout se retrouver. Dans une société, ou à longueur de pages de magazines féminins, on vous incite à faire l'amour sous toutes les coutures, à multiplier les expériences, avec sex toys, à deux, à trois, à plus si affinités... L''orgasme est devenu obligatoire et doit être forcément au bout du chemin, comme l'essai au bout de la course du rugbyman, performance sportive oblige. Sinon, c'est que vous êtes frustrées, mal dans votre corps, homo refoulée si vous êtes hétéro, hétéro refoulée si vous êtes homo, et surtout vous representez un danger pour vos amis, qui voudraient bien à tout prix vous remettre dans le droit chemin. Casée, ma fille, tu dois l'être, des fois que tu donnes des idées aux autres..




































