dimanche 17 avril 2016

Les livres, Tony Parsons, Camille Laurens et Olivier Adam

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Annoncé comme le meilleur thriller anglais de l'année, c'est effectivement un bon polar mais le meilleur je ne sais pas. Le livre s'ouvre sur une scène très violente, une jeune fille qui cherche à échapper à plusieurs jeunes hommes, en vain. Puis des années plus tard, le meurtre atroce d'un banquier, puis d'un autre homme, SDF, dans les mêmes conditions font penser à la police qu'ils sont en présence d'un serial killer. L'inspecteur Wolfe, papa d'une petite fille, va être chargé de l'enquête qui va le mener de l'univers des collèges privés anglais à la Chambre des Lords. C'est un bon roman policier, certes, mais j'ai regretté que la psychologie du personnage principal prenne le pas sur l'histoire policière. La fin est somme toute assez prévisible malgré les différentes pistes que l'auteur veut nous faire prendre.

 

 

 

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Dans ce roman, Camille Laurens part du postulat qu'il existe pour les femmes une frontière, entre 49 et 50 ans, au-delà de laquelle elles deviennent invisibles, et au yeux de la société doivent renoncer à leur féminité, au désir de plaire, au désir tout court. Autant un homme qui, à la cinquantaine refait sa vie avec une femme plus jeune, a un enfant, on trouve ça plutôt bien et signe de virilité, de dynamisme et de vigueur, autant pour une femme, la cinquantaine est signe de renoncement à la volonté de séduire, elle devient transparente pour la société, pour les hommes.

Claire, 48 ans, universitaire reconnue, divorcée, doute de la fidélité de son amant. Pour en avoir le coeur net, elle crée un faux profil FB pour le surveiller en douce. Finalement, parmi les amis de son amant, elle va être attiré par Chris, un photographe, genre artiste maudit. Pour lui plaire, elle sait qu'une blonde de 48 ans, c'est pas vendeur. Pour ce faire, elle va donc se créer un faux profil, Claire, 24 ans, jolie brune. Son plan fonctionne à merveille, mais elle se retrouve prise au piège lorsqu'il est temps de passer à la vraie rencontre.

Jusque là tout va bien, l'histoire est plutôt sympa. Mais j'ai plus de réticences sur la forme qu'a choisi Camille Laurens pour son roman. Au gré des chapitres, on devine un dialogue entre Claire et son psychiatre, on devine qu'elle a été internée, plusieurs versions de la même histoire, dont on ne sait pas trop par qui elles sont écrites ni qu'elle est la bonne. Bref, on est perdu dans un style labyrinthique, c'est un peu dommage. 

 

 

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Un nouveau roman d'Olivier Adam, c'est à chaque fois, un véritable moment de bonheur, c'est l'un de mes écrivains français préféré.

Celui-ci ne déroge pas à la règle, je l'ai lu d'une traite. Antoine, qui a rompu tous liens avec sa famille, apprend un jour la mort d'un homme politique, ce même homme qui avait été au coeur d'un scandale, mi corruption-mi affaire de moeurs, ce même homme qui avait été l'amant de sa mère dont elle était l'adjoint au maire. Une mère parfaite, parfaite épouse, parfaite mère d'élève, parfaite paroissienne. Mais ça c'est la partie jour. La partie ombre, c'est une femme avide de pouvoir, de jouissance, de sévices sexuels. Drôle de famille, où le père refuse de voir, de savoir, soutient jusqu'au bout son épouse, même si pour cela, il faut détruire psychologiquement ses deux garçons. Le scandale éclate, les humiliations au collège et au lycée, les tags sur la maison, les journalistes, et surtout l'impunité que donne souvent le pouvoir, les relations au sein d'un milieu politique.

On retrouve dans ce roman, un peu de cette haine d'un milieu familial étriqué, qu'il y avait déjà dans son précédent livre Les lisières, que je préfère d'ailleurs, on y retrouve aussi les combats d'Olivier Adam pour les oubliés de la société, les moins intégrés, ceux dont on peut facilement abuser quand on possède le pouvoir de l'argent, le pouvoir tout court. C'est aussi une analyse assez acérée des relations mère-fils.

bref, j'ai aimé, même si je trouve que dans ce nouveau roman, Olivier Adam explore de nouveau des terrains connus: la solitude, les difficultés familiales, les inégalités sociales, les paysages bretons, la banlieue.

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mardi 5 avril 2016

Le livre du thé

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Un petit bijou ce livre! Ce n'est pas un guide pour amateurs de thé (moi-même je suis plus adepte du café que du thé mais je raffole des rituels autour du thé) mais plutôt une réflexion philosophique sur l'importance de la cérémonie du thé dans la pensée asiatique. Plus que la dégustation d'une boisson, il s'agit vraiment de considérer le thé comme un art de vivre, un art de penser, un art d'être en harmonie avec soi-même et avec les autres.

Il est question dans ce livre, écrit au début du XX°, de respect, de pureté, de sérénité, de recherche toujours plus poussée du beau et de l'esthétique que l'on peut et doit apporter à la moindre petite chose du quotidien. A sa lecture, on est surprise par une évocation sonore, on entend les notes d'un carillon suspendu, le léger bruit d'une fontaine, le glissement d'un petit balai de paille sur les dalles du jardin minuscule qui précède l'entrée dans la chambre du thé.

C'est un voyage pédagogique et philosophique, mais à la lecture aisée, entre taoisme, hindouisme et bouddhsme, on voyage entre Chine ancenne, Japon et Inde.


La voie du thé, c'est l'essence même du zen, celui qui nous apprend que la grandeur et l'harmonie résident dans les plus menus faits de la vie.

J'aime vraiment beaucoup!

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samedi 20 février 2016

Des livres et moi

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Si vous aimez les romans nordiques (ce n'est pas un thriller) je vous conseille vivement celui-ci, je suis complètement sous le charme de l'écriture de l'auteur, une écriture trés oppressante et parfois glaçante comme on imagine le climat et la vie en Islande où se déroule cette saga familiale.

Les pages ne comportent presque pas de points de ponctuation, les phrases sont trés longues et on est un peu en manque d'oxygène, on étouffe comme les personnages de ce roman étouffent dans les communautés restreintes de cette île. C'est une histoire à deux voix, Ari et son ami, il faut s'habituer au changement de narrateur, mais ensuite la musique du livre devient fluide.
Superbe et grandiose comme les paysages qui servent de décor à cette histoire.

Ari, le personnage principal, reçoit un jour, de son père sur le point de mourir, un colis avec une photo de famille et un diplôme récompensant son grand-père, pêcheur. Aprés une dispute conjugale et des années de mariage balayés d'un revers de bras sur la table du petite déjeuner, Ari va se sentir pousser à quitter le Danemark où il vit pour revenir en Islande, sa terre natale, percer les secrets de sa famille. A travers trois générations d'hommes et de femmes, on va explorer un siècle de l'histoire de l'Islande, que la suppression des quotas de pêche a plongé dans la misère.

Magnifique!

 

51EDBMCf-7L" Nous voulons ce que vous avez"

Au début, lorsque les habitants de cette petite rue de Londres, Pepys Road, reçoivent une carte avec cette phrase, ils n'y font pas attention, mais lorsque les envois se font plus pressants et que des cadavres d'oiseaux remplacent les cartes, il y a matière à s'inquiéter.

Dans ce roman, on découvre le quotidien des habitants de cette rue, dont les destins s'entrecroisent. Il y a le trader de la City marié à une shopping addict, un jeune footballeur talentueux tout juste débarqué du Sénégal, une vieille dame solitaire, la contractuelle sans papiers qui veillent sur le stationnement de la rue... Ils se croisent sans se connaître, et tous, vont voir leur vie transformée à la suite d'un évènement.

C'est une excellente comédie sociale, et pour moi qui raffole des romans et des écrivains britanniques, celui-ci ne pouvait que m'enchanter. A lire!

 

 

 

9782021054217On change complètement de style de lecture, mais je tiens à vous parler ce philosophe, Alexandre Jollien, dont les écrits me tiennent particulièrement à coeur.

A moins d'habiter sur la planète Mars, vous n'avez pas pu louper la campagne de promo du livre écrit par les trois amis, Matthieu Ricard, moine bouddhiste, Christophe André, psychiatre, et donc Alexandre Jollien, philosophe. Je n'ai pas lu ce livre, un peu lassée par la promo trés présente, à la radio, à la télé, sur Internet qui a fait que j'ai eu le sentiment de tout savoir sur le contenu du livre sans l'avoir lu. Si Matthieu Ricard me laisse un peu froide, je le trouve à la fois déconnecté de notre réalité et de notre monde actuel (mais pas tant quand même, il a quand même tout compris à l'interêt de la promo pour la vente d'un livre, même si bien sûr ses droits d'auteur reviennent à son monastère et ses diverses fondations), je vous conseille vivement les livres ou les CD de Christophe André dont je vous parlerai bientôt. Si vous êtes adepte de méditation (comme moi, je fais mon coming out, les bienfaits en sont étonnants), vous trouverez sur YouTube, ses vidéos qui peuvent être d'une réelle aide pour s'initier ou pratiquer.

Et puis il y a Alexandre Jollien, mon préféré, l'auteur de ce livre, mi journal-mi livre de philosophie. J'ai choisi ce livre ci, mais tous ses livres sont également passionnants et enrichissants. Alexandre Jollien, c'est un rescapé de la vie. Né avec un grave handicap, il a été placé en institut trés tôt jusqu'à ses 20 ans, et sa vie n'est qu'une long parcours de souffrances physiques. Malgré cela, son parcours de vie, sa pensée, ses écrits ne sont qu'une formidable source d'optimisme. Bouddhiste et chrétien, il nous explique comment parfois il faut descendre au fond du fond pour trouver sa voie, la paix et un amour indéfectible pour son prochain. Dans ce livre, il nous raconte sa recherche de spiritualité qui l'a poussé à quitter la France pour partir s'installer avec sa femme et ses trois enfants en Corée du Sud, pour y suivre un enseignement bouddhiste. Pas facile, surtout quand on ne maîtrise ni la langue, ni un corps défaillant, mais malgré cela il nous livre une invitation à prendre soin de nous, de notre esprit, de notre corps, de nos proches pour connaître la véritable joie et sérénité de l'esprit. Il nous montre aussi, à travers les difficultés et les péripéties qu'il va rencontrer, que la vérité est au fond de nous. Ses écrits sont été, une révélation pour moi, d'une certaine façon, en m'incitant à passer outre mes lamentations, souvent si futiles.

Passionnant!

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vendredi 2 octobre 2015

Les livres du vendredi

 

41HXFYrf1KLAvertissement, se plonger dans ce thriller, c'est comme embarquer sur un wagon des montagnes russes.

Donc, allergiques des lectures à sensations fortes, abstenez-vous. Les autres, précipitez-vous sur ce livre! Ce roman m'a donné la nausée (rien que la couverture est horrible), m'a fait frémir, de battre mon coeur s'est arrêté, plusieurs fois. C'est donc une parfaite réussite d'un bout à l'autre. Une ambiance des plus glauques et même insoutenable, j'ai dû interrompre ma lecture parfois mais pas longtemps, tant on a hâte d'aller au bout de cette histoire. Un manoir paumé dans la campagne anglaise, une famille prise en otage, un serial killer qui semble récidiver... Je ne veux pas en dire plus, juste que bout à l'autre de ce roman, on est balloté par l'auteur, jusqu'au dénouement qu'on n'a pas vu venir!

Excellent, vraiment!

 

 

 

 

51aZGh0QsELJe vous le dis tout de suite, ce livre a recueilli de nombreuses critiques positives, c'est même pour cela que je l'ai lu. Seulement voilà, moi, je suis passée à côté. Je l'ai trouvé ennuyeux, l'histoire me parait tirée par les cheveux, et l'écriture est précieuse et alambiquée.

Ce roman est composé par une conversation par mail entre un écrivain à succés, il a obtenu un Goncourt mais n'écrit plus, et une de ses lectrices qui au début du livre lui envoie son manuscrit afin qu'il lui donne son avis. Je n'arrive pas à savoir lequel des deux personnages m'a le plus agacée, on ne peut pas croire une seconde que deux personnes correspondent ainsi, en écrivant de cette façon, genre je m'écoute écrire :-)

C'est sans doute une belle histoire, ça dégouline de bons sentiments, c'est un peu mièvre tout de même. Bref c'est vous qui voyez!

 

 

 

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dimanche 13 septembre 2015

Un membre permanent de la famille, de Russel Banks

indexEn 12 nouvelles, Russel Banks fait le tour de la middle class américaine . Chaque nouvelle est une tranche de vie d'un homme ou d'une femme ordinaire, confronté à la solitude, la pauvreté, l'ennui ou aux illusions perdues.

Un homme qui a été greffé du coeur d'un autre est contacté par la veuve de celui-ci juste pour entendre battre le coeur de son mari une dernière fois, une femme qui vient de perdre son mari et qui se voit remettre les cendres d'un autre mais qui découvre avec étonnement et distance que finalement ce n'est pas plus mal ainsi, un homme qui est invité à la fête de Noël de son ex femme remariée...Tous les personnages de Banks sont sur le fil du rasoir, il suffirait de peu qu'ils basculent en marge de la société, ils oscillent sous nos yeux et jusqu'à la dernière phrase on ne sait de quel côté ils ont décidé, ou bien est ce la société qui choisit pour eux?, de glisser. Est-on réellement maître de son destin ou soumis à une sorte de fatalité? C'est aussi une reflexion sur la solitude des êtres finalement, même entourés de nombreuses personnes, ils sont seuls. Un peu comme l'ultra-moderne solitude que chante Souchon.

J'ai aimé ce livre, mais le format nouvelles ne me convient pas, je n'ai pas le temps de m'attacher aux personnages, et j'ai un peu de mal à plonger dans la nouvelle suivante, d'autant qu'elles sont assez courtes. A la fin de ma lecture, j'ai le sentiment d'avoir été emportée dans un tourbillon, trop rapide pour moi pour fixer mes impressions. 

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dimanche 30 août 2015

Mémé dans les orties, d'Aurélie Valognes

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Ferdinand est un vieux monsieur acariâtre, désagréable au possible. Le type de voisin qu'on ne souhaite à personne. Tatie Danielle en homme, vous voyez le genre.

Par ennui, par solitude, il s'emploie à enquiquiner les habitants de sa résidence, et à leur pourrir la vie. Jusqu'au jour où trés abattu par le décés de sa chienne, songeant même au suicide, il fera la connaissance d'une étonnante petite fille surdouée et d'une octogénaire geek hyperactive, retrouvant ainsi le goût de vivre.

Lecture divertissante que ce roman mais ce n'est pas vraiment le type de roman que j'apprécie, j'ai emprunté celui-ci à la médiathèque, il figurait parmi les nouveautés. Pour mon goût, l'écriture manque un peu de cynisme, d'humour grinçant (il en recèle tout de même, c'est un livre drôle) et l'histoire est un peu tirée par les cheveux, mais ceci étant, on passe un bon moment à sa lecture. 

A lire si on recherche un livre sympa, sans prise de tête.

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vendredi 24 avril 2015

So british

La suite de mes lectures britanniques, trois livres que je vous conseille vivement si tant est que vous appréiez cet esprit so british.

 

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* Les tribulations d'une cuisinière anglaise, de Margaret Powell.

Ce livre n'est pas un roman mais plutôt le récit d'une expérience de vie, celle de Margaret Powell dans l'Angleterre des années 20. Petite fille, elle rêvait de devenir institutrice mais venant d'une famille pauvre, elle a dû travailler trés tôt comme aide-cuisinière puis cuisinière dans des familles bourgeoises. On découvre l'envers du décor, les arrières-cuisines en sous-sol derrière les belles façades. C'est bien décrit, drôle, et Julian Fellowes se serait inspiré de ce livre pour l'écriture de Downton Abbey.

 

* Les humeurs d'une châtelaine anglaise, par Déborah Devonshire.

Là encore, ce n'est pas un roman mais des chroniques de la vie de Déborah, duchesse de Devonshire et châtelaine de Chatsworth. Déborah est l'une des soeurs Mitford, issues d'une famille anglaise excentriques et dont  les filles ont defrayé les chroniques mondaines pour des raisons diverses. La duchesse nous livre des aspects de sa vie à la campagne, c'est plein d'humour et on rêverait de prendre le thé avec cette lady totalement non-conformiste, amoureuse des poules qu'elle utilise en décor vivant de table, pour réjouir ses invités.

( sa soeur Nancy Mitford est une romancière trés connue dont j'ai également envie de découvrir les livres)

 

* Une saison à Longburn, par Jo Baker.

Ce livre est à conseiller absolument pour les fans de Jane Austen. C'est un récit parallèle au roman de celle-ci Orgueil et Préjugés, mais qui se déroule côté domestique, on va donc suivre la famille Bennett et leurs 5 filles, leurs pérégrinations matrimoniales pour se caser et la rencontre d'Elizabeth et de Mr Darcy sous le regard de la petite équipe de domestiques. C'est un belle peinture sociale de l'Angleterre du dix-neuvième siècle, terrible pour les plus pauvres.

 

 

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samedi 24 janvier 2015

Mes lectures en 2015 # 5

 

cvt_Les-saisons-de-louveplaine_6025Nour, une toute jeune femme algérienne trés inquiète de ne plus avoir de nouvelles de son mari, parti en France pour tenter de réussir mieux qu'en Algérie, va à son tour se rendre dans le 93 pour essayer de le rejoindre, lui et la vie meilleure qu'il ne cessait de lui promettre au téléphone.

Arrivée en France, dans une banlieue difficile, elle va tomber de haut, loin de trouver l'appartement douillet promis, où ils pourraient tous vivre, elle, lui et leur petite fille, elle tombera sur un appartement en HLM, vide dans une cité que les pouvoirs publics aimeraient bien rénover et où les tours en attende de destruction abritent dealers et paris de chiens de combat. Son mari a disparu, mais elle s'aperçoit peu à peu qu'il n'est plus l'homme qu'il lui avait paru être lors de son mariage, mais là, en France, il s'est reconverti en caïd de banlieue avec un large catalogue de trafic en tous genre, des medicaments, à la drogue et aux combats de chien.

Trés loin de son Algérie natale, totalement isolée, pour survivre elle va devoir reprendre un peu le trafic de son mari, et elle fera la connaissance d'une voisine, et d'un acolyte, complice, ami, amant, on ne sait pas trop au fond de son mari. Ensemble, il se lanceront à la recherche d'Hassan, mais sans jamais le trouver, celui-ci semble s'évanouir à chaque fois qu'elle pense enfin être sur sa trace.

Ce roman restera un mystère pour moi. J'en ai aimé l'histoire, le style (bien qu'un peu alambiqué, je trouve, il faut souvent s'y reprendre à deux fois pour décrypter ce que l'auter veut dire) , les personnages . Forcément, ce livre a une résonnance particulière, aprés les évènements de Charlie Hebdo, on y voir des mères seules dépassées par des ados aux rêves trop grands et surtout impliqués dans toutes sortes de trafics, tout ce qui peut servir à gagner de l'argent, des ados parfois trés violents aussi prêts à faire s'égorger entre eux des chiens  pour une simili gloire dans la cité ou pour s'offrir le dernier survêt Tacchini.

Et puis, j'ai décroché vers les deux tiers de ma lecture. Impossible de poursuivre, j'avais l'impression que l'histoire ne menait à rien et que l'auteur elle-même se demande comment se dépêtrer du machin pour terminer son livre, c'était long, lent, poussif, on se perd complètement et je n'ai pas fini le livre. Si vous, vous l'avez lu et êtes allés jusqu'au bout, je veux bien connaître la fin!

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jeudi 22 janvier 2015

Mes lectures en 2015 # 4

 

51fNvMjGpIL Voici un trés joli roman autour de la féminité, de la vie des femmes. Autour d'une esthéticienne dont on rêverait qu'elle soit la nôtre, qui soigne les âmes tout autant que les corps, on retrouve quatre génération de femmes d'une même famille, toutes touchées chacune à leur manière par le suicide d'une d'entre elles.

Pas de dialogues dans ce livre, mais une succession de récits pour chaque personnage, un peu comme les fiches que tient Alice, l'esthéticienne sur chacune de ses clientes pour noter quelques bribes de leur vie. L'amour, la maternité heureuse ou pas, les maris infidèles, la vieillesse, la lutte perdue d'avance contre les années, les blessures du corps.

Si vous aimez les romans de famille, les romans trés féminins (mais les hommes devraient le lire, cela pourrait les éclairer certainement), vous aimerez celui-ci, c'est certain!

 

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lundi 19 janvier 2015

Mes lectures en 2015 #3

41pqsipYICLComme tout le monde j'ai bien sûr entendu tout et son contraire sur ce livre, provocation, incitation à la haine etc... C'est évident qu'il est paru au plus mauvais moment, mais trés franchement, aprés sa lecture, je cherche toujours ce qui a pu lui valoir un tel déchaînement médiatique.

Plus qu'un provocateur, Michel Houellebecq a un don pour révéler les travers de notre société et tout ce qui va mal. Dans ce roman, il s'agit bien d'une fable, il imagine notre pays dans une dizaine d'année, juste au lendemain de l'élection présidentielle remportée par la Fraternité Musulmane associée au PS, contre le FN et Marine le Pen, la société française en pleine décadence a perdu tous ses repères, toutes ses valeurs. Un gouvernement mené par François Bayrou (choisi parce que selon Houellebecq c'est le moins compétent... ce qui donne une idée de l'opinion  de Houellebecq sur la classe politique en général), et finalement une Fraternité Musulmane trés modérée au regard de ce qu'on vit en ce moment, dont la première action sera de renvoyer les femmes à la maison.

Dans ce roman, nous suivons le personnage principal, chercheur et universitaire éminent, auteur de nombreux ouvrages sur Huysmann.

Toujours les mêmes démons habituels présents chez Houellebecq, le personnage plutôt solitaire, ne parvient pas à nouer de relations amoureuses autres que sexuelles, fume et boit plus que de raison, et il assiste en observateur à la montée du parti musulman. Je n'ai pas trouvé, dans ce livre ce dont on accuse Houellebecq, ni provocation, ni racisme. J'ai trouvé finalement qu'il s'agissait plutôt d'une critique assez virulente du milieu des intellectuels universitaires qui, aprés la prise de pouvoir, n'hésitent pas à se convertir à l'Islam et d'en adopter les théses économiques ou sociales afin de continuer à bénéficier des trés nombreux avantages que leur offre la Fraternité Musulmane. Le personnage lui-même finira par se convertir plus par fatalisme et lassitude, à quoi bon lutter alors qu'on lui offre une vie confortable et un poste bien rémunéré, que par conviction personnelle.

Bon, c'est sûr que si vous n'aimez pas Houellebecq, il y a de fortes chances que vous n'aimiez pas ce livre, mais si vous voulez essayer, je trouve que ce livre est assez intéressant et novateur dans son écriture, avec un entremêlage avec notre actualité quotidienne, on y retrouve journalistes connus et politiques du moment. Un peu provocateur peut-être, avec toujours une pointe d'humour ou de cynisme envers les travers de notre société et des intellectuels, mais l'auteur fait montre de beaucoup d'érudition, on y apprend notamment pas mal de choses sur Huysmans et sur le symbolisme à la fin du dix-neuvième siècle.

Bref, beaucoup de bruit pour rien, à mon avis, ce livre ne mérite pas un déchaînement de passion, il est loin d'être subversif, et j'ai bien aimé.

 

 

 

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