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Annoncé comme le meilleur thriller anglais de l'année, c'est effectivement un bon polar mais le meilleur je ne sais pas. Le livre s'ouvre sur une scène très violente, une jeune fille qui cherche à échapper à plusieurs jeunes hommes, en vain. Puis des années plus tard, le meurtre atroce d'un banquier, puis d'un autre homme, SDF, dans les mêmes conditions font penser à la police qu'ils sont en présence d'un serial killer. L'inspecteur Wolfe, papa d'une petite fille, va être chargé de l'enquête qui va le mener de l'univers des collèges privés anglais à la Chambre des Lords. C'est un bon roman policier, certes, mais j'ai regretté que la psychologie du personnage principal prenne le pas sur l'histoire policière. La fin est somme toute assez prévisible malgré les différentes pistes que l'auteur veut nous faire prendre.

 

 

 

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Dans ce roman, Camille Laurens part du postulat qu'il existe pour les femmes une frontière, entre 49 et 50 ans, au-delà de laquelle elles deviennent invisibles, et au yeux de la société doivent renoncer à leur féminité, au désir de plaire, au désir tout court. Autant un homme qui, à la cinquantaine refait sa vie avec une femme plus jeune, a un enfant, on trouve ça plutôt bien et signe de virilité, de dynamisme et de vigueur, autant pour une femme, la cinquantaine est signe de renoncement à la volonté de séduire, elle devient transparente pour la société, pour les hommes.

Claire, 48 ans, universitaire reconnue, divorcée, doute de la fidélité de son amant. Pour en avoir le coeur net, elle crée un faux profil FB pour le surveiller en douce. Finalement, parmi les amis de son amant, elle va être attiré par Chris, un photographe, genre artiste maudit. Pour lui plaire, elle sait qu'une blonde de 48 ans, c'est pas vendeur. Pour ce faire, elle va donc se créer un faux profil, Claire, 24 ans, jolie brune. Son plan fonctionne à merveille, mais elle se retrouve prise au piège lorsqu'il est temps de passer à la vraie rencontre.

Jusque là tout va bien, l'histoire est plutôt sympa. Mais j'ai plus de réticences sur la forme qu'a choisi Camille Laurens pour son roman. Au gré des chapitres, on devine un dialogue entre Claire et son psychiatre, on devine qu'elle a été internée, plusieurs versions de la même histoire, dont on ne sait pas trop par qui elles sont écrites ni qu'elle est la bonne. Bref, on est perdu dans un style labyrinthique, c'est un peu dommage. 

 

 

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Un nouveau roman d'Olivier Adam, c'est à chaque fois, un véritable moment de bonheur, c'est l'un de mes écrivains français préféré.

Celui-ci ne déroge pas à la règle, je l'ai lu d'une traite. Antoine, qui a rompu tous liens avec sa famille, apprend un jour la mort d'un homme politique, ce même homme qui avait été au coeur d'un scandale, mi corruption-mi affaire de moeurs, ce même homme qui avait été l'amant de sa mère dont elle était l'adjoint au maire. Une mère parfaite, parfaite épouse, parfaite mère d'élève, parfaite paroissienne. Mais ça c'est la partie jour. La partie ombre, c'est une femme avide de pouvoir, de jouissance, de sévices sexuels. Drôle de famille, où le père refuse de voir, de savoir, soutient jusqu'au bout son épouse, même si pour cela, il faut détruire psychologiquement ses deux garçons. Le scandale éclate, les humiliations au collège et au lycée, les tags sur la maison, les journalistes, et surtout l'impunité que donne souvent le pouvoir, les relations au sein d'un milieu politique.

On retrouve dans ce roman, un peu de cette haine d'un milieu familial étriqué, qu'il y avait déjà dans son précédent livre Les lisières, que je préfère d'ailleurs, on y retrouve aussi les combats d'Olivier Adam pour les oubliés de la société, les moins intégrés, ceux dont on peut facilement abuser quand on possède le pouvoir de l'argent, le pouvoir tout court. C'est aussi une analyse assez acérée des relations mère-fils.

bref, j'ai aimé, même si je trouve que dans ce nouveau roman, Olivier Adam explore de nouveau des terrains connus: la solitude, les difficultés familiales, les inégalités sociales, les paysages bretons, la banlieue.