jeudi 16 février 2012

La liste de mes envies, de Grégoire Delacourt

La lecture, c'est quelque chose de bizarre. Vous vous ennuyez plusieurs livres d'affilée, aucun ne trouvant grâce à vos yeux, vous mettez des heures à lire deux pages, tant qu'à la fin vous ne vous souvenez plus du début et qu'il faut relire. A ce stade, j'abandonne généralement, il y a tant de livres à lire et la vie est si courte! Est-ce les livres, véritablement pas très bons, ou nous, notre état d'esprit au moment où nous ouvrons un ouvrage, qui fait qu'on n'ira pas jusqu'au bout? Je n'ai pas la réponse.

Et puis ensuite, nous tombons coup sur coup sur de véritables pépites, ces livres qu'on ne lâchera pas quoi qu'il arrive, et qui nous touchent particulièrement, par une histoire, une écriture. Il nous semble parfois même que l'auteur s'est glissé subrepticement dans nos pensées, pour les retranscrire avec ses propres mots. Et du coup on se perd, on ne sait plus si, du livre, on en est le lecteur ou le personnage...

 

lalistedemesenvies-fevLa liste de mes envies, Grégoire Delacourt

Je ne connais pas cet auteur et je n'ai pas non entendu parler de ce livre, je l'ai acheté simplement parce que je trouvais la couverture jolie. Je sais, ce n'est pas forcément la meilleure des motivations, mais quelque chose m'a dit à la lecture de la quatrième de couverture que je ne me trompais pas. J'ai trouvé ce roman excellent, je suis presque étonnée que l'auteur en soit un homme, tant il m'a semblé que l'écriture et la psychologie en était extrêmement féminine.

Jocelyne a 47 ans, vit à Arras, où elle tient une boutique de mercerie. Lorsqu'on est petite fille, on ne rêve pas de vivre à Arras et d'être mercière, ou alors, c'est rare. Pas plus qu'elle n'avait rêvé d'un mari plutôt lourdaud et dont les rêves s'arrêtent à l'acquisition d'une Porsche Cayenne, d'un écran plat et de la collec complète de DVD de James Bond. Ce mari qu'elle va épouser après être tombée enceinte, elle s'en est éloignée peu à peu. A 47 ans, ses enfants ont quitté la maison, son père est malade et n'a que des cycles de lucidité de 6 mn, au bout de ce laps de temps, il ne la reconnaît plus. Alors, elle vit en essayant de ne pas penser aux rêves qu'elle faisait petite fille, aux désillusions. Elle a ouvert un blog, y parle de tricot, de couture. Elle se trouve heureuse, a un mari qu'elle aime malgré tout, malgré surtout la crise qu'ils ont traversé à la mort d'un de leur nouveau-né: les accusations terribles qu'il a portés, les mots inscrits pour toujours dans sa mémoire. Ce mari, certes pas l'homme qu'elle avait rêvé d'épouser mais travailleur, fidèle et gentil, elle est décidée à s'en rapprocher, la maladie lui ayant finalement fait comprendre qu'elle lui était beaucoup plus attachée qu'elle le croyait. Une journée entre copine, un bulletin d'Euromillion enregistré pour rire, "et si on gagnait, hein, que ferait-on", et là effectivement le gros lot, 18 millions d'euro qui lui tombent du ciel. De peur que cet argent représente un danger pour son couple et sa famille, elle décide de cacher ce gain et le chèque qu'on lui a remis. Alors, en attendant de prendre la décision de révéler sa chance, elle fait des listes de ce dont elle a envie, pour sa famille, pour elle. De l'argent pour les enfants, une housse de couette pour leur chambre, la Porsche pour son mari, en économe pour les légumes, un nouveau tapis-antidérapant pour la salle de bain, un sac Chanel ou peut-être Dior... mais le chèque reste dans sa cachette, de peur de voir le nouvel équilibre qu'elle pense avoir retrouvé avec son mari, un nouvel élan amoureux, s'effondrer devant la perspective de cette fortune.

 

Je possédais ce que l'argent ne pouvait pas acheter, mais juste détruire. Le bonheur. Mon bonheur en tous cas. Le mien. Avec ses défauts. Ses banalités. Ses petitesses. Mais le mien.

Immense. Flamboyant. Unique.

Alors, j'avais pris ma décision, quelques jours après être rentrée de Paris avec le chèque: cet argent j'avais décidé de le brûler.

 

A lire absolument!

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mardi 14 février 2012

Blanche étincelle, de Lucien Suel

blancheetincelleBlanche étincelle, de Lucien Suel

Ce livre est un petit bijou! Il m'a été envoyé dans le cadre de l'opération Masse Critique du site Babélio.  Ce n'est pour ça que je vais en dire le plus grand bien, mais juste pour préciser que sans cela, je ne suis pas sûre que je l'aurais lu, le sujet ne faisant pas partie a priori de mes préférences. Et donc j'aurais eu tort, comme quoi parfois il faut passer outre ses réticences pour trouver de véritables pépites.

Mauricette, une vieille dame dont on ne connait pas exactement l'âge, a choisi de s'installer dans un petit village du Nord. D'elle, on sait peu de choses, des détails qu'elle va révèler au compte-gouttes tout au long de ce roman, les autres l'intéressent plus qu'elle-même, écrit sous la forme d'un journal quotidien. C'est une ancienne instit, elle a été mariée mais n'a pas eu d'enfant, sans doute l'explication en est dans un passé particulièrement lourd. Elle vit avec son chat dans une petite maison avec jardin, au rythme des saisons, en observant la nature et les oiseaux, sa voisine aussi, qui voudrait l'entraîner avec elle au club de tricot local. Mais Mauricette, son truc à elle, ce n'est pas le tricot. Mais plutôt les livres et la musique. Sa solitude, bien que peuplée de multiples compagnons que sont ses auteurs ou poétes préférés, est parfois un peu pesante. Un jour, dans une librairie, elle fait la connaissance de Blanche, une jeune femme. Une réélle amitié va naître entre ses deux femmes. Elles ont en commun un passé difficile qui leur pèse souvent, mais surtout l'amour des livres et des arts. Mauricette va retrouver la chaleur d'une famille, Blanche et les siens l'affection d'une grand-mère d'adoption, celle qui fait réviser les leçons, fait sauter les crêpes et applaudit, admirative, aux exploits en skate du petit dernier. C'est aussi une belle histoire de partage et d'échange autour de passions, de transmission aussi entre cette vieille dame et ces jeunes enfants. Le plaisir aussi de partager avec une amie l'émotion que donne la lecture d'un livre, l'écoute d'une symphonie ou la visite d'un musée. Dans son journal, elle note son quotidien, la confection d'un repas, la plantation des graines du potager, une araignée que guette le chat, les oiseaux dans le jardin. Mais aussi les personnes qui l'entourent, mais son regard est toujours amical, jamais jugeant.

Juste deux extraits que je voudrais vous donner à lire pour vous inciter à découvrir ce trés beau livre qui se lit d'une traite:

Les gens peuvent se tuer en voiture, ou se noyer. On peut souffrir beaucoup et longtemps, mais le bonheur aussi a son chemin propre. Il a une place dans le monde. Le bonheur me prend par surprise.

 

Je sors dans le jardin. Au sud-ouest, un énorme soleil jaune brille à travers les branches des peupliers. Un couple de tourterelles turques marchent dans l'allée. Je pose mon panier, essuie le fil avec un chiffon. Première fois de l'année que j'accroche le linge dehors. Mouchoirs, serviettes et torchons, carrés de couleur Mondrianse balançant au-dessus de la terre noire. Un vent léger gonfle les manches de mes chemisiers. Je suis en paix.

 

A découvrir absolument!

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La noyée, de Thérèse Bohman

lanoyee La noyée de Thérèse Bohman

Petite déception que ce roman. Un huis-clos familial, une jeune femme va passer ses vacances chez sa soeur et son beau-frère dont elle fait la connaissance. Dés le début, elle se retrouve troublée par cet homme. Elle va se trouver tiraillée entre son attirance pour lui et son affection pour sa soeur, d'ailleurs peut-être pas si heureuse qu'elle semble le montrer dans son couple. L'auteur a voulu un roman moite et etouffant, mais ça ne m'a pas convaincue, la canicule en Suède, on n'arrive pas vraiment à y croire. L'histoire pose beaucoup de questions, à laquelle la lecture n'amène pas de réponses, on reste sur sa faim finalement.

Ce livre était l'un des coups de coeur de ma médiathèque, donc, je pense que je suis passée à côté, à vous de vous faire votre opinion!

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mercredi 8 février 2012

Passer du blanc au rose

... et grâce aux premières tulipes du fleuriste, se dire que le printemps est quelque part, là, sous la neige !

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(il y a un intrus trés intéressé sur la photo, j'ai déplacé le bouquet avant le désastre annoncé!)

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mardi 7 février 2012

Légumes oubliés pour un velouté de saison

 

Je vous l'accorde, tel quel, ce légume est peu engageant et pas trés appétissant! Mais il mérite qu'on passe sur nos réticences, il est délicieux avec un étonnant goût d'artichaut (il est d'ailleurs appelé artichaut de Jerusalem dans les pays anglo-saxons) et trés simple à cuisiner notamment en potage, si ce n'est l'épluchage, un peu fastidieux. Si vous êtes nombreux, je vous le déconseille, à moins d'embaucher des petites mains en renfort!

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Velouté de topinambours

(pour 4 assiettes)

- 600 g de topinambours

- 1 oignon

- bouillon de volaille

- 1/2 briques de crème liquide

- sel, poivre

 

Peler les topinambours, les couper en gros cubes. Emincer l'oignon.

Faire revenir dans un peu d'huile (ou de beurre selon vos convictions personnelles) l'oignon, sans coloration. Ajouter les cubes de topinambour puis couvrir avec le bouillon. Laisser frémir environ 25/30 mn. Passer au mixer plongeant, ajouter la crème, rectifier l'assaisonnement, mixer encore.

Ce velouté peut se savourer ainsi, mais pour en faire une entrée plus raffinée, il suffit d'ajouter quelques cubes de foie gras. Pour ma part, je l'ai servi avec des lamelles de magret séché, délicieux!

(pas de photo, je l'ai préparé pour le dîner, impossible de faire une photo correcte)

 

 

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lundi 6 février 2012

Du blanc encore

Saisir les rayons du soleil sur le paysage...

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( cette jolie maison d'hôtes s'appelle La Maison Blanche, elle est tenue par d'adorables d'hôtes, Elisabeth et Gabriel, et elle fut la résidence d'une maîtresse d'un roi de France)

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L'invitée de février...

Longtemps attendue, la voici enfin arrivée sur la Normandie, la neige.

Celle qui a le pouvoir de nous faire redevenir enfant, et m'attire irrésistiblement à l'extérieur. Et si j'ai la chance d'être la première à fouler le blanc tapis, c'est un pur bonheur. Ce matin, j'ai eu beaucoup de mal à attendre une heure décente pour sortir me promener. La neige a ceci d'étonnant qu'elle brouille tous nos repères sensoriels, plus de bruits à part le crissement de nos pas, plus d'odeurs et le froid même se fait plus doux. J'aime cette sensation de temps suspendu, figé. Le dimanche, la neige c'est du plaisir pur, demain il sera temps de penser aux difficultés qu'elle engendre...

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Mais je crois que le plus heureux, c'est encore lui...

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dimanche 5 février 2012

Flânerie rouennaise...

Flâner dans Rouen, un samedi ensoleillé, c'est un pur bonheur. Surtout lorsqu'il n'y a pas de vent, ce qui n'est pas souven le cas malheureusement. On est vite frigorifiée, la bise glaciale aimant bien se faufiler dans les jolies ruelles anciennes, mais samedi, la météo était bienveillante...

De la rue Eau-de-Robec, une des plus anciennes de Rouen, Flaubert dans Madame Bovary, écrivait:

" La rivière, qui fait de quartier comme une ignoble petite Venise, coulait en bas, sous lui, jaune, violette ou bleue, entre ses ponts et ses grilles. Des ouvriers, accroupis au bord, lavaient leur bras sur l'eau. Sur des perches partant du haut des greniers, des écheveaux de coton, séchaient à l'air. "

De nos jours, elle a bien changé, mais elle mérite le détour avec son petit ruisseau, gelé ces jours-ci, conservé lors de la réhabilitation du quartier:

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Ce vieux quartier, mon préféré à Rouen, situé entre l'abbatiale St Ouen et la place St Marc, est le quartier des antiquaires. Il regorge de petites boutiques, de belles antiquités plus que de la brocante, de galeries d'art ou photo, de restaurants et de maisons typiques avec leurs colombages. Le temps semble s' y être arrêté, les rues sont étroites et pavées, on s'y balade avec plaisir.

On fait une pause place du Lieutenant Aubert, chez Les Cousines. Qu'on trouve difficilement d'ailleurs, c'est minuscule et on passe devant sans le voir la première fois. C'est un endroit atypique, salon de thé et petite restauration. L'intérieur est tout aussi minuscule, deux tables de deux personnes et une grande table de 6. L'accueil est peu formaliste, vous vous installez où vous pouvez, s'il y a de la place. Mais l'accueil est charmant, les gâteaux trés hype et trés américains, cheesecake, cupcake, cookies, brownies et muffins... Certes le chocolat chaud n'est pas vraiment maison, mais les gâteaux le sont et vraiment délicieux.

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Cupcake aux Oréos

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Cheesecake chocolat/caramel au beurre salé

On repart par la rue Damiette, et on arrive rue Alsace Lorraine. Là, se trouve une boutique vintage, Dalala, qui mérite un détour.rouen-d

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C'est une paire de fauteuils Eames d'origine, superbes!

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Bon plan: pour me rendre dans ce quartier, je préfère me garer au parking souterrain Place St Marc, moins fréquenté que les autres parkings, il y a toujours de la place sans descendre trop bas aux niveaux inférieurs. On accède directement sur la place St Marc. Les vendredi, samedi et dimanche, il s'y tient une brocante (de bonnes affaires à faire) et un marché, trés sympa, avec beaucoup de petits producteurs du coin. On longe l'église St Maclou, faire un détour par l'Aître St Maclou qui abrite maintenant l'école des Beaux-Arts, construit sur un ancien cimetière, c'est un exemple étonnant d'architecture macabre. L'été on peut y faire une pause agréable à l'ombre des arbres, si on n'est pas impressionnée par les représentations macabres. On traverse la rue de la République, on prend la rue St Romain, on longe la cathédrale avec quelques boutiques intéressantes dont celle qui propose les peintures Farrow and Ball ou Little Greene (accueil charmant et trés compétent). On déjeune d'une tarte salée chez Dame Cake ou on y prend une tasse de thé et une pâtisserie. On revient vers le quartier des antiquaires, par la rue St Nicolas, où on passe chez Jacotte et Javotte, une jolie brocante  d'objets anglais notamment.

 

Posté par Emma_MA à 12:52 - Commentaires [12] - Permalien [#]

mercredi 1 février 2012

Famille modèle, d'Eric Puchner

famillemodele Famille modèle, d'Eric Puchner

 

Ce livre finalement est une fausse promesse, si on se fie au titre. La famille dont il est question dans ce roman, est tout sauf modèle. C'est même une belle galerie de portraits de névroses en tous genres. Une famille américaine classique, les parents et leurs trois enfants, vivent heureux dans le Wisconsin, qu'il quitte à la recherche du rêve américain, pour la Californie. C''est là selon le père que se trouvent bonheur et fortune. Devenu promoteur immobilier, il achètera un terrain destiné à  la construction et à la vente  de maisons individuelles. Beau projet, mais qui sera anéanti par la construction d'une décharge juste à côté. Le père fera faillite, mais par peur de décevoir les siens, ne dira mot. Peu à peu, la famille va s'enfoncer dans le drame, jusqu'à un accident terrible qui bouleversera complètement la vie des 5 membres.

Ce livre est assez étonnant, on oscille sans cesse entre rire et tragédie. Les premières pages sont assez drôle, et d'un coup le livre s'enfonce doucement vers quelque chose de plus sombre et terrible. C'est vraiment toutes les illusions d'une famille qui tournent mal, le rêve américain, le bonheur, tout s'effrite au fil des pages, causant chez le lecteur un certain malaise. Je ne sais trop si j'ai aimé ou pas, j'ai trouvé que les 500 et quelques pages de ce roman étaient trés longues, mais je suis allée jusqu'au bout.

 

Posté par Emma_MA à 11:31 - Commentaires [3] - Permalien [#]

Chaud dedans, frois dehors

Pour tenir au chaud nos nuits, le froid est arrivé en Normandie...

Une housse d'édredon, toute simple, avec un coupon de lin toile de Jouy, trouvé chez Flo lors de sa vente privée.

FEVRIER 2012

Tenez vous au chaud, l'hiver est enfin là!

 

 

Posté par Emma_MA à 10:54 - Commentaires [17] - Permalien [#]